Résumé
Soupçonné d’avoir assassiné sa fiancée, rejeté par tous ceux qu’il connaît, Ignatius a sombré dans le désespoir. Un matin, il se réveille avec une paire de cornes sur la tête. Celles-ci lui donnent un étrange pouvoir, celui de faire avouer leurs plus noirs secrets aux gens qu’il croise. Ignatius se lance alors à la recherche du véritable meurtrier…
Avis
Daniel Radcliffe dans un film d’Alexandre Aja avec des cornes qui lui sortent de la tête et une petite amie dont on soupçonne qu’il est le meurtrier ? Hum ça m’a l’air plutôt sympa ça !
Sur le papier, le pitch peut paraître soit complètement incongru, soit super alléchant. Pour ma part, il y avait un peu des deux. Afin de dénouer la trame, selon laquelle le personnage joué par Radcliffe, Ignatius est la victime, selon lui, ou le bourreau, selon tous les autres, des forces démoniaques vont se mettre en œuvre. Après avoir touché le fond, le soir où les proches de la victime, Merrin Williams, jouée par l’actrice Juno temple, Ignatius, totalement saoul, blasphème en urinant sur le Vierge Marie. Il se retrouve alors déchu par Dieu et se voit au petit matin avec des cornes lui poussant sur la tête. L’apparition de ces cornes ne semblent choquer personne, mais au contraire, semble réveiller tout ce qu’il y a de mauvais en eux. Chacun se met alors à confesser, à Ignatius, ses plus viles pensées. Cet aspect du scénario est très intéressant car il permet de découvrir la face cachée de tout à chacun. Après avoir été perturbé par tant « d’ honneté », le personnage joué par Radcliffe comprend enfin qu’il peut utiliser ce don pour retrouver le véritable meurtrier de sa petite amie. Ce passage atteint un point culminant du récit car, après que tout l’entourage de Ignatius se soit confessé sur leurs véritables pensées envers lui, il semble se déchaîner un semblant d’enfer autour de lui, amené par l’explosion d’un bar et la violente, voir presque mortelle, altercation entre les journalistes afin d’obtenir une exclusivité du dit-meurtrier. Jusque-là, le film prenait la direction d’un épisode de la Quatrième dimension. Le ton était au fantastique, avec une touche de thriller policier. Malheureusement, revirement de situation, tout ça ne semble mener nulle part. On arrive alors au premier essoufflement scénaristique. Toujours orné de ses cornes, Ignatius ne se retrouve plus seulement doté de pouvoirs démoniaques, mais il semble devenir l’incarnation du diable lui-même lors d’une scène hautement symbolique où il tient à la main une fourche et où des serpents
viennent se dandiner sur ses épaules. Commence alors l’ère de la terreur qui nous mènera enfin à découvrir le véritable assassin, qui au passage, paraissait tellement évident dès le début du film que le seul élément intéressant en devient la scène de combustion de Ignatius qui pour le coup revient littéralement du royaume des morts. Nous assistons là au deuxième essoufflement du film qui prend alors une tournure totalement fantastique et gore très inappropriée. Mais connaissant la filmographie du réalisateur, Alexandre Aja, il aurait été étonnant de ne pas voir une seule scène vraiment gore dans ce film.
Si le début du film part d’une bonne intention et d’une idée plutôt ingénieuse, la seconde partie et le final, eux, contrecarrent complètement l’intégrité de l’ensemble du scénario. Ce qui est le cas d’un autre élément du film dont je n’ai pas encore parlé. Il s’agit de flash-back concernant l’enfance d’Ignatius et de sa rencontre et relation avec ses amis et surtout, la future victime, Merrin Williams. J’ai trouvé que tout au long de ce film, ces flash-back étaient assez mal répartis, brisant le rythme du film et créant ainsi une brisure gênante dans la narration. Il m’aurait paru plus simple de développer d’un coup les liens entre les différents personnages pour mieux cerner chacun d’entre eux. Et plus important, le personnage de Merrin n’a pas été assez exploité pour qu’il se crée un lien émotionnel entre elle et le spectateur, ce qui aurait permis à ce dernier de mieux cerner la peine et la détresse d’ignatius.
Lors du générique de fin, on comprend clairement que les personnages sont sous exploités émotionnellement afin de concentrer le film sur son aspect surnaturel et non sur son aspect dramatique. Il s’agit là d’une véritable erreur de la part du réalisateur qui aurait eu beaucoup à gagner en tentant de rallier les deux genres de manière plus cohérente.
Réalisation : Alexandre Aja _ Durée : 1h59 _ Année : 2014 _ Genre : Fantastique, Gore, Thriller, drame _ EU